2003 coronaVoyage de la SFO et festival EOFed 2022 à Plovdiv

La pandémie de coronavirus ayant perdu du terrain, le voyage organisé en Bulgarie par la SFO, qui s’est achevé par la participation au 12e Festival européen des orchestres, a pu avoir lieu du 29 avril au 8 mai 2022, un an plus tard que prévu. Barbara Steinmann, l’une des participantes, nous raconte ce voyage inoubliable à la découverte d’un creuset culturel aux portes de l’Orient.

Dès le premier soir à Sofia, à la lumière des chandelles, nous nous laissons envoûter par Ventseslav Nikolov, l’un des musiciens bulgares les plus importants, et son violoncelle vénitien de 1726. Il interprète un vaste répertoire, allant de Bach à la musique folklorique géorgienne d’aujourd’hui. Très vite, une ambiance joyeuse s’installe au sein de notre groupe, essentiellement constitué de violonistes de divers orchestres amateurs de Suisse.

Durant notre voyage, nous sommes accompagnés par Georgi Palahutev, excellent guide touristique et guide de randonnée diplômé, ainsi que, lors de certaines étapes, par sa femme et la fille du violoncelliste. Forts de connaissances incroyablement vastes et maniant à merveille l’art de raconter, ils nous plongent dans l’histoire et la culture particulièrement riches et passionnantes de la Bulgarie, nous faisant découvrir au fil des randonnées à travers le Vitosha ou les paysages karstiques autour de Veliko Tarnovo les merveilles de la nature encore en partie intacte. Des rencontres inattendues avec une tortue, des pivoines sauvages rouges foncé ou des orchis singes viennent ponctuer notre voyage, pour la plus grande joie des botanistes parmi nous. L’immense monastère de Rila (patrimoine mondial de l’UNESCO) et l’ermitage de son fondateur, Ivan Rilski, non loin de la frontière avec la Macédoine grecque, le monastère Preobrajenski situé dans un cadre idyllique au nord ou encore l’église dissimulée dans une grange et recouverte de magnifiques fresques témoignent de la richesse de l’histoire de l’Eglise orthodoxe bulgare. A Sofia, nous assistons à un concert de chants chrétiens orthodoxes, point d’orgue sacré de notre voyage. Le chœur et les solistes aux voix envoûtantes nous accueillent devant l’église avec des pâtisseries typiques de Pâques. Transportés et émus aux larmes, nous écoutons leurs chants bouleversants.

Après la visite d’une distillerie d’huile essentielle de rose dans la vallée des roses, la dernière étape de notre voyage, nous prenons la direction de Plovdiv, embaumés d’un délicat parfum. Nous arrivons dans l’immense hall très animé de l’hôtel Ramada, témoin quelque peu vieillissant de la grandeur des temps passés. L’enregistrement pour le festival de l’EOFed a commencé. Au total, 350 personnes se sont inscrites, dont beaucoup de jeunes. Nelleke Geusebroek, vice-présidente de l’EOFed, nous accueille chaleureusement. Pour les personnes qui participent au festival à titre individuel, divers ateliers allant du baroque au jazz, en passant par le classique, les musiques de film et la musique folklorique bulgare sont organisés dans les locaux de l’hôtel. Des répétitions de haut vol s’enchaînent pendant deux jours avec des instrumentistes enthousiastes sous la baguette de cheffes et chefs passionnés. Le soir, de premiers concerts sont déjà donnés en plein air, dans le théâtre romain, par les orchestres symphoniques (de jeunes) et les ensembles inscrits, venus entre autres de Lettonie, d’Estonie, de Hongrie, de Bulgarie et d’Allemagne. Ce théâtre est situé en plein cœur de Plovdiv, magnifique capitale culturelle. Les rues sont calmes, les cafés animés, il règne une ambiance méditerranéenne, des hommes jouent aux échecs et aux cartes dans les parcs, le décor idéal pour un festival d’orchestres ! Félicitations à Jüri-Ruut Kanguur, le président de l’EOFed, ainsi qu’à l’équipe chargée de l’organisation du festival : tout s’est parfaitement bien déroulé !

Le dernier jour, les personnes ayant participé aux ateliers attendent impatiemment de se produire à leur tour sur scène, à divers endroits de la ville. Elles nouent contact les unes avec les autres, la musique rapproche les peuples ! Les prestations sont de grande qualité, le public est conquis. Le « swing » du premier mouvement de la Symphonie n° 1 en mi mineur de Florence B. Price, une compositrice afro-américaine (1887-1953) tombée dans l’oubli, marquera les esprits. Vient ensuite la soirée de clôture au théâtre romain dans une véritable ambiance de festival. Et ce n’est pas le vent, qui fait par moments voler les partitions, qui interrompra les instrumentistes estoniens ni les voix des chanteuses bulgares qui résonnent, tout comme les mesures à 7/8 de l’orchestre.  

C’est avec une pointe de nostalgie que nous repensons à ces merveilleux moments passés en Bulgarie. Un grand merci à Hedi Boller pour l’organisation très réussie du voyage de la SFO !